en tant que comédien - Théâtre

107 ans

D’après le roman de Diastème « 107 ans ».

Avec
Frédéric Andrau

Adaptation : Diastème et Frédéric Andrau
Mise en scène : Diastème
Lumières : Stéphane Baquet
Assistant : Damien Bricoteaux

 

 

une photo de Jeanne Rosa avec Jeanne, Diastéme, Fred et Damien

 

PRESSE:

 

 

 

107 ans

Simon a 16 ans. Il n’aime pas le foot. Il ne fume pas, ne boit pas. Simon a eu son bac avec un an d’avance. Il donne beaucoup de soucis à son père. Heureusement il y a Lucie. Ça rassure un père, une Lucie. Comme une preuve que son fils n’est pas pédé. Simon aime Lucie, passionnément, uniquement. Elle est la femme de sa vie. Il connaît tout d’elle, son odeur, son parfum, les couleurs de son humeur. Simon existe parce qu’il aime Lucie. SA première femme comme la première femme de l’humanité. Il l’a dans la peau. Au sens propre comme au sens figuré. Alors lorsque Lucie en aime un autre, l’univers de Simon bascule. Trop petit pour son âge, trop sage, trop ceci, pas assez cela. Simon traque son amour. Le regard perdu dans ses souvenirs d’étoiles derrière ses lunettes qui n’arrivent pas à la vieillir. Simon bascule. Au risque de se perdre.

 

« 107 ans » est une rencontre, celle d’un auteur, Diastème, et d’un comédien, Frédéric Andrau. Le premier rendez-vous a été pris au théâtre Marigny pour « La nuit du thermomètre » avec Emma de Caunes et Frédéric Andrau. Simon et Lucie ont débarqué dans nos cœurs. On retrouve Simon jeté dans le désarroi abyssal du désespoir amoureux. Frédéric Andrau donne à Simon une fragilité poétique, une inconscience de sa propre identité proche du renoncement de certains adolescents. C’est l’histoire terrible d’un mal de vivre, d’un mal d’aimer. Simon ne veut pas guérir de ses blessures, ni celles du cœur, ni celles de l’esprit, ni celles de son corps qu’il entaille à coup de cutter exutoire. Simon transforme son corps en parchemin vivant sur lequel il incise en calligraphie sanguinolente le nom de Lucie, cinq lettres qui veulent dire amour et vivre.

 

Le texte assomme. Il suffit d’écouter le silence qui précède la salve d’applaudissements après le noir final. Cet instant de silence qui signe l’attention et l’émotion d’un public captivé. Simon nous émeut au plus profond des couloirs de nos cœurs. On a tous éprouvé la douleur indicible d’un chagrin d’amour. Simon, lui, ne veut pas guérir car s’il guérit, il perd son identité. Toujours lucide, il parle, analyse, enjolive, rêve à ses voyages de noces amoureuses. Avec une acuité d’analyste, il observe sa vie dans un hôpital psychiatrique, et dit des paroles qui font réfléchir sur la difficulté de comprendre l’humain et le désespoir. « Ils ne peuvent pas me faire plus de mal qu’en m’empêchant de me bousiller ». il dit cela avec sa petite voix douce et déterminée.

 

La rencontre fusionnelle d’un auteur, Diastème, et d’un comédien, Frédéric Andrau, donne un spectacle d’une beauté bouleversante tant par sa simplicité de facture que par la densité des émotions. Frédéric Andrau joue comme un funambule somnambule qui traverse un précipice de lame de couteau. Il n’a pas le droit à l’erreur. Ce trentenaire prend la voix et la gestuelle d’un adolescent un peu gauche.

 

Dans la tourmente Avignonnaise où l’on enchaîne pièce sur pièce comme des marathoniens assoiffés de record culturel, « 107 ans » est un îlot sur lequel on s’arrête. On ressort KO, le cœur un peu vague. On éprouve deux besoins irrépressibles : celui de faire une pause pour respirer et emmagasiner la beauté du texte et de pouvoir acheter le livre pour lire avec la voix de Frédéric Andrau en musique.

Avignon cette année a trouvé son prince, il s’appelle Frédéric Andrau.

 

Marie Laure Atinault, bulletin de sorties.

25 juillet 2004

 

 

 Télérama

 Simon aime Lucie qui aime… Stephen. Simon bascule peu à peu dans la folie jusqu’à s’infliger des blessures physiques pour tenter d’apaiser ses souffrances morale.

D’une écriture aiguisée, le texte de Diastème nous entraîne à travers les méandres de cette raison qui s’égare. Sobrement mis en scène, Frédéric Andrau réalise une performance d’une formidable justesse. Tour à tour fragile, drôle, désespéré, il nous fait partager chaque tressaillement, chaque vibration de l’esprit et du cœur de Simon.

 

Michèle Bourcet – 15 décembre 2004

 

 

"107 Ans" de Diastème avec Frédéric Andrau - A Nous Paris par Myriem Hajoui

 

 

ZURBAN

 

"107 Ans" de Diastème avec Frédéric Andrau - Zurban par Charlotte Lipinska

 

  

L’Arche

 

"107 Ans" de Diastème avec Frédéric Andrau - L'Arche par Karolina Wolfzhan

 

 

 

"107 Ans" de Diastème avec Frédéric Andrau - Marianne par Jean-Pierre Léonardini

 

  

FIGARO magazine

De l’amour… 

L’histoire est simple, magnifique, terrible : un jeune homme aime une jeune fille d’un amour absolu. L’adolescente répond à cet amour, le nourrit d’une vraie tendresse mais se prête en fait plus qu’elle ne se donne, jusqu’au jour évident où elle rencontre un beau garçon sympathique et bien bâti. Un de ces garçons normaux qui vous font rentrer pleinement dans la société. Et on la comprend : il est impossible, ce jeune homme qui l’aime. Un être bizarre, disgracieux, mal dans sa peau, obsessionnel, trop original, trop intelligent. Le genre de gars parfait pour discuter, pour vous apporter un autre regard sur le monde, pour faire sentir la dimension spirituelle des choses. Mais impossible vraiment, limite dangereux. Et il va le prouver face à l’épreuve. En se blessant, en se mutilant, en criant son amour jusqu’à l’inscrire sur son corps avec la pointe d’un couteau.

Le texte est impressionnant, saisissant de vérité et de force. Frédéric Andrau, qui joue ce jeune homme, est seul en scène dans un décor absolument nu. C’est sa puissance de comédien qui fait la réussite du spectacle. Il sait faire passer la plus petite des sensations avec une voix et une gestuelle qui vous font vibrer l’âme.

Un magnifique travail qui fait penser à un autre monologue très émouvant au Guichet Montparnasse : Anna. Pascale Martineau, elle aussi, est formidable de sensibilité. De grands moments.

 

Jean-Luc Jeener – 31 décembre 2004

 

 

"107 Ans" de Diastème avec Frédéric Andrau - L'Express par Laurence Liban

 

 20 minutes

Fou d’amour pour une héroïne absente

Trois ans après La Nuit du thermomètre, Diastème retrouve son personnage masculin fétiche dans la pièce 107 ans, au Théâtre de la Pépinière Opéra (Paris 2è). Voilà donc Simon, un adolescent fou d’amour pour Lucie, le personnage que jouait Emma de Caunes dans la pièce précédente.

Il lui parle mais elle ne répond pas. Et pour cause : Simon est seul en scène.

Où est- elle ? Où est- il ? Le suspense est savamment ménagé. Car si l’amour rend aveugle, ce garçon n’y voit plus très clair… L’amour de Simon confine au dévouement. Sans rien attendre en retour. Extrême, absolu. Un amour comme seuls les adolescents semblent encore le rêver. Cru parfois, drôle souvent, 107 ans pique là où ça fait mal: en plein dans le mille du passage à l’âge adulte. Là où l’on troque ses convictions. Là où l’on brade sa naïveté. Tour à tour farceur, lucide ou résolu, Frédéric Andrau compose un Simon étonnant. Si l’on gravait un prénom au Typex sur une table d’écolier, lui prend un cutter et se taille les bras. Passionné jusqu’à en être inquiétant…

Ch. L. – 20 décembre 2004

 

 

"107 Ans" de Diastème avec Frédéric Andrau - Le FIGARO par Hervé de Saint Hilaire

 

"107 Ans" de Diastème avec Frédéric Andrau - pariscope par Lise de Rocquigny

  

 

 la Croix

  Simon  aimait Lucie mais Lucie a quitté Simon. Cette trame simple pourrait faire craindre une bluette adolescente sans âme, comme en inspirent tant de journaux intimes rédigés dans la fièvre des premiers émois…

La pièce de Diastème, sans rechigner à l’humour, n’appartient pas au registre de mièvrerie. Elle laisse la parole à Simon, interprété, seul en scène, par Frédéric Andrau, époustouflant. Doucement, presque sans s’en apercevoir, le spectateur partage le plus intime des émotions et des sensations du jeune homme.

Ce voyage, qui ménage quelques haltes poétiques, laisse bouleversé.

 

Bruno Bouvet – 18 décembre 2004

 

 

"107 Ans" de Diastème avec Frédéric Andrau - Les Echos par A.C.

 

 

"107 Ans" de Diastème avec Frédéric Andrau - metro par Mélanie ROERO

 

 

 

 

Spectacles Sélection

107 ANS

Article publié dans la Lettre n° 235


107 ANS de Diastème d’après 107 ans. Adaptation Diastème et Frédéric Andrau. Mise en scène Diastème avec Frédéric Andrau.
Simon aurait pu reprendre à son compte la maxime d’Esope. Pour lui c’est l’amour qui est la meilleure et la pire des choses, cet amour dévastateur qu’il ressent pour Lucie et qui va l’annihiler. Ils se sont connus sur les bancs de l’école, ils avaient douze ans. Ils ne se sont plus quittés. A seize ans, ils avaient tout exploré, goûté et senti du corps de l’autre, ils avaient voyagé jusqu’au fond de leur âme respective. Aussi lorsque Lucie lui annonça qu’elle le quittait, Simon n’a pas supporté. Ni la désertion de l’objet de sa passion, ni sa trahison, encore moins son absence, synonyme d’enfer. Ne plus pouvoir regarder, sentir, toucher, goûter ce corps qui était à lui, ni converser, ni rire des heures avec cet esprit si pareil au sien. Et puis surtout, l’imaginer dans les bras d’un autre alors qu’elle devait être à lui pour toujours. Aujourd’hui, à vingt-cinq ans, on le dit guéri, il sourit. Doucement, comme détaché du monde, il raconte son histoire avec ses mots à lui, une vision des choses qui lui est propre mais qui n’est pas celle des autres. Il raconte la lente descente aux enfers, la subtile dégradation d’un être qui a aimé et aime pour toujours sans espoir.

La Nuit du thermomètre (Lettre 210), nominée aux Molière 2003 dès cette première pièce, avait propulsé Diastème sur le devant de la scène. Il reprend pour 107 ans le personnage de Simon et de Lucie, sans pour autant écrire une suite, ainsi que son comédien Frédéric Andrau. Ensemble ils adaptent le roman pour la scène. Frédéric Andrau connaît la moindre virgule de l’histoire de Simon. Durant près de deux heures, il s’approprie ce texte dur, effroyable, magnifique et émouvant, incarnant l’amoureux éconduit et éperdu. Grâce à une parfaite connaissance de chaque mot, de chaque respiration du texte, grâce à une diction exceptionnelle, il parvient dès les premières minutes à tenir son public sous le charme. Suspendu à ses lèvres, celui-ci est séduit par l’originalité du propos, la force du récit, l’émouvante pertinence des anecdotes et la justesse du ton, la complexité du personnage, habité d’un infini désespoir. Séduit aussi par la simplicité de la mise en scène, seulement rehaussée par le savant balayage des jeux de lumières créés par Stéphane Baquet. Séduit enfin et par-dessus tout par la formidable présence de ce comédien de trente ans si tôt rendu au sommet de son art.

 

 

 

RAPPEL

 

Ceux qui avaient découvert La Nuit du thermomètre, en 2002, se souviennent certainement de Simon et Lucie, ces deux adolescents qui, à la faveur d’une soirée de canicule, s’ouvraient aux sentiments amoureux avec un enthousiasme mêlé d’appréhension. Ceux qui avaient eu le tort de passer à côté ont aujourd’hui la possibilité de retrouver dans le rôle de Simon celui qui en avait été la révélation avec Emma de Caunes : Frédéric Andrau.

Privé de sa complice, il est, cette fois, seul en scène. Et pour cause : Lucie vient de quitter Simon. L’amour balbutiant qu’on avait vu se nouer a laissé la place à une rupture douloureuse et, dans un monologue ciselé, Simon confesse son désespoir. Nul besoin de connaître ce qui a précédé pour saisir l’intensité de cet amour fou : l’adolescent que nous avons tous été garde le souvenir de ce besoin d’amour absolu, de cette pureté totale des sentiments.

Diastème, également journaliste, scénariste et romancier (107 ans fut d’abord un roman) n’a pas son pareil pour écrire la ferveur adolescente, son mélange de naïveté, de fantaisie et de gravité. Par la grâce d’une écriture si sensible, son personnage gagne d’emblée notre amitié et c’est en grand frère qu’on assiste à sa plongée irrésistible vers la folie, tout entier gagné par la présence et le charme de Frédéric Andrau.

En exergue de sa pièce, Diastème déclarait : « J’ai voulu raconter une histoire dans laquelle le temps, contrairement à l’adage, ne guérissait pas les blessures, une histoire d’amour absolu, à la fois drôle et bouleversante, qui puisse faire rire, faire peur et faire mal, comme la vie fait rire, fait peur et fait mal. J’ai voulu voir jusqu’où on pouvait aller par amour, quand on était prêt à lui dédier sa vie, quand on était prêt à aller jusqu’au bout. » Il y arrive avec une simplicité et une justesse qui laissent la gorge longtemps serrée.

 

David Roux – janvier/ février 2005

 

"107 Ans" de Diastème avec Frédéric Andrau - Paris Match par A.S.

 

 

 

PARIS BOUM BOUM

 

Pour Simon, une quinzaine d’année, il n’est rien de beau sauf l’amour. Lucie l’a quitté mais il l’aime pour toujours, avec cet infini désespoir qui le poussera, pendant des années aux suicides ratés comme à l’automutilation (pour apprécier de ne plus avoir mal après). Oui, il est fou d’amour mais au sens propre du terme. La spirale de la dépression l’entraînera loin du réel, vers les services psychiatriques spécialisés…

On a souvent l’impression qu’un monologue dit au théâtre aurait aussi bien, voire mieux, pu s’apprécier tranquillement chez soi. Ici, bien au contraire, il aurait semblé à la limite du supportable. Or, par la magie d’un interprète prodigieux, Frédéric Andrau et le parti pris par l’auteur/metteur en scène, Diastème, d’ancrer cette histoire douloureuse dans la vie et non dans la mort, la tendresse prend le pas sur l’horreur, le rire se mêle aux larmes, la liberté gagne sur l’enfermement.

Emotions intenses à ne pas manquer.

 

Janvier 2005

 

 

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